27 février 2007

LE SOUFFLE DE L'ATLANTIQUE

 

 

Aujourd'hui Lundi 26 Février 2007, je commence la journée et la semaine par une grasse matinée, ce n'est pas dans mes habitudes, c'est la deuxième depuis mon départ d'Alès le 1er Février. C'est un rayon de soleil qui me réveille en passant par les grilles de ma chambre au sous-sol de la maison d'Antoinette. Un soleil ne doit jamais rester longtemps derrière une grille. Je file vers mon cyber et pendant que je poste mes photos du Chellah et des Oudayas, un "parrain" d'André m'appelle pour m'inviter à déjeûner. Je suis à la bourre....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous déjeûnons avec Jean-Pierre et Mathieu son stagiaire géologue, à la Veranda, à l'ombre des palmes et de cette immense Cathédrale de Rabat. Ce n'était pas notre Eglise mais j'y ai un souvenir extrèmement précis de ma Confirmation : tous les "confirmés", nous avions embrassé ce jour-là sous l'imposante "nef" la main de l'Evêque, je me souviens d'une main replète et d'une grosse bague aux reflets d'améthyste... Jean-Pierre me remémore le nom de l'Evêque, Monseigneur Amédée, on oubliait parfois me dit-il les deux dernières voyelles de son patronyme, pour faire de lui Monseigneur Amed : une forme d'humour qui réduisait le fossé qui peut séparer deux grandes religions... Tout est bon pour  réduire et combler ce genre de fossé...

 

 

 

 

 

Le menu nous arrive sur un petit tableau d'écolier... Il fait doux à l'ombre des palmes et dans l'ombre de Monseigneur Amed(ée)... L' hôtesse me conseille une papillote de dorade... Jean-Pierre nous choisit un vin rouge "Médaillon" divin, en harmonie avec l'environnement. Jean-Pierre Delaporte exerce un métier FABULEUX : il fait de la recherche d'EAU au Maroc par méthode sismique. Je vous l'ai dit et répété, l' EAU est ce qu'il y a de plus précieux sur terre avec le vél-eau... Comme dit Jean-Pierre, on pourra se passer de pétrole, jamais d'eau, et presque jamais de Médaillon. Nous parlons de géologie, de sismologie, d'archéologie, de navigation, de Cap Juby (Tarfaya), de Saint-Exupéry, de Latécoère, de Cordillère des Andes, de Chiloe, de Coloanne, du père de Foucaud et des derniers Lions de l'Atlas... On en a fait de beaux voyages sans quitter notre table de la Veranda... Et combien de nouveaux voyages se sont construits dans ma tête, il faudrait quelques vies pour pouvoir tous les vivre... Merci Jean-Pierre, salut Mathieu, à bientôt du côté de Cap Juby...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant de nous séparer, en quittant la Véranda, Jean-Pierre nous entraîne dans un superbe immeuble rénové qui a échappé à la démolition grâce à un sursaut d'intelligence humaine : cela existe encore parfois ce genre de sursaut. Ce bel immeuble abrite la Galerie du Bou-Regreg, de belles photos noir et blanc et la maquette de cet immense projet d'aménagement, qui devrait durer une bonne dizaine d'années... Tout en bas au centre de la maquette, on aperçoit le port de plaisance, déjà bien avancé, où je pourrai bientôt, pourquoi pas, amarrer mon petit compagnon du vent, mon fidèle "YEMAMBA II"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand nous finissons par nous séparer, la journée est bien entamée, on frise largement les seize heures, je n'ai plus qu'à enfourcher my sweet Ginet et rouler vers le rivage, retrouver le soleil là où je l'avais laissé hier, déclinant sur le souffle de l'Atlantique...

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route de l'Océan, my sweet Ginet freine des 4 patins sous la frondaison flamboyante, exubérante, époustouflante de ce bougainvillier. Ce qui sépare le Purgatoire du Paradis doit ressembler à cela : au Purgatoire, on dort à même le sable des déserts, au Paradis on s'endort sur des nuages voluptueux de bougainvilliers... Il faudra que j'aille demander confirmation de tout cela au PPP, le Petit Père Piou...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est là le souffle de l'Atlantique, immuable. Rien ne me parle plus que ce rivage... Ce souffle-là, c'est la respiration du monde... C'est la vie...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"""J'ai vu se briser tant de vagues sur la plage, et j'ai chassé les ombres des nuages... Elle est venue demander son chemin, j'ai cherché ses yeux voilés par sa main... Ramassant une brindille que la mer avait jeté, sur le sable mouillé je l'ai tracé... A travers les dunes elle a disparu, je ne sais pas si je l'ai revue... Vainement j'ai essayé de suivre les traces, que le vent, le vent, le vent efface... Je vais je viens, les chemins se nouent, sur le rivage mon espoir échoue... J'ai vu se briser tant de vagues sur la plage, et j'ai chassé les ombres des nuages...."""

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a frisé le rayon vert... Un jour, je vous photographierai le plus beau rayon du monde, le plus éphémère....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La nuit tombe, une nuit de plus sur la plus belle ville du monde... Un voile de mystère se pose sur les silhouettes et sur la vie... Cela me rappelle le titre d'un roman : """ Petites chroniques des gens de la nuit dans un port de l'Atlantique Nord...""" Un titre qui est déjà un livre à lui tout seul...

 

 

 

 

 

 

 

Ce soir est une autre nuit, demain est un autre jour. parole de sage tibétain...

 

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Posté par chiloedream1 à 01:32 - Permalien [#]