03 mars 2007

PLEINE LUNE SUR LES REMPARTS

 

 

Aujourd'hui, je commence ma journée par la visite du lycée de jeunes filles où Maman a été pensionnaire, "c'était hier, ce matin-là, c'était hier, et c'est loin déjà...", je ne le fais jamais, mais là je repasse la chanson pour Maman et pour les mélomanes uniquement : c_etait_hier

 

 

 

 

 

 

 

L'école est fermée pour cause de vacances scolaires,

mais il y a un gardien sympa qui m'ouvre le portail principal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le lycée de jeunes filles s'appelle aujourd'hui lycée Lalla Aïcha :

Quels secrets peut-on deviner derrière ce beau visage?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un lycée de jeunes filles, même sans les jeunes filles, ça creuse,

je me restaure, encore pour 2 euros, dans une rue adjacente...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passage devant le théâtre Mohamed V, on dirait qu'il a servi d'amphithéâtre aujourd'hui. L'école de danse de Madame del Cambi donnait ses galas de fin d'année, Maman participait aux décors, parmi eux un pêcher couvert de deux mille petites fleurs en papier crépon... "Laissez brûler les ptits papiers, papiers d'argent ou d' Arménie, qu'un soir ils puissent, papier maïs, nous réchauffer..."

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, je vais tout simplement à Salé la blanche, la voisine. Le Bou-Regreg sépare Rabat de Salé, ou les unit. On oublie souvent d'aller à Salé, c'est pourtant une ville magnifique, avec un passé chargé d'histoire où plane l'ombre lointaine des pirates barbaresques. C'est sûr, dans une autre vie, j'ai été pirate... Je me sens bien à Salé la discrète. Elle m'offre une jolie vue sur ma ville natale...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Regarder la mer, savourer le soleil qui décline avec des yeux de chat ou un regard d'homme assis sur sa Ginet... Même plaisir, même douceur...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vue de Salé, la haute kasbah de Rabat au-dessus des Oudaïas n'est rien d'autre qu'un bateau de pierres posé sur le rivage...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand on passe le cimetière de Salé, on longe encore un vieux rempart en bord mer. Dans son ombre, un immense terrain vague, terrain de jeux, terrain de fêtes... Une foule se rassemble au son des "riatas", des cris fusent, une femme échevelée danse, se contorsionne, parfois l'angoisse se lit sur les visages, mon voisin me parle du diable, j'ose à peine prendre des photos...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est elle qui mène la danse avec son foulard jaune, elle jubile, elle invective, elle commande, elle jure... Le diable se contorsionne...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ca y est, le foulard jaune m'a vu, on me brandit une zarroueta d'eucalyptus en me demandant si je suis américain, je prends une dernière photo et je m'éloigne vers la paix des vieux remparts... Je suis un Pirate, j'ai volé quelques secrets d'une croyance chamanique...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au fond à gauche, dans l'ombre des remparts, des croyances rassemblent la foule, laissant plus loin à quelques solitaires le spectacle éternel de la mouvance du grand océan...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il faut aller se perdre dans la grande Médina de Salé, elle recèle des secrets superbes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les remparts de Salé sont les frères des remparts de Rabat,

même peau ocre...

 

 

 

 

 

Je repasse le Bou-Regreg,

le monde des barcassiers décline comme le soleil couchant....

 

 

 

 

 

Quartier du phare de Rabat : dernières lumières d'une belle journée...

 

 

 

 

 

 

J'attends là quelques instants à guetter ces silhouettes au-dessus de mon premier monde. J'attends que la pleine lune s'élève au-dessus des remparts de la maternité de la Maréchale... Ma soeur Joëlle y est née voilà 57 ans, un beau matin de pleine Lune... Demain matin, c'est la pleine lune de ma soeur Joëlle, bon anniversaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pleine lune au-dessus des remparts de la maternité de la Maréchale, et puisque c'est sur ma route, pleine lune sur mes écoles, Jeanne d'Arc, Cézanne, Descartes, pauvres grands disparus gisant au Panthéon, pauvres cendres de conséquence, vous envierez un peu l'éternel estivant qui fait du pédalo sur la vague en rêvant, qui passe sa mort en vacances.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis tant qu'à faire, pleine lune sur ma pomme...

 

 

 

 

 

 

Je n'allais pas oublier ma petite église  Saint Pie X où je servais la messe avec mon frère Philou... Il faut continuer à fredonner des vielles chansons de messe,  même si on est sûr de rien, il faut poser des gerbes orangées de montbrésias au pied des autels pour que se dresse toujours, dans les ciels de pleine lune, l'ombre de la croix comme l'esprit sacré des immortelles de Bouknadel. Uniquement pour les mélomanes avertis :  mon_dieu__mon_dieu . Les chiffres du jour : Rabat, Salé, Rabat : 30,41 km mine de rien - 12,48 km/h.

 

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Posté par chiloedream1 à 01:41 - Permalien [#]